SESSION 1996 DU COMITÉ SUR LES ONG/ECOSOC

Compte rendu à l'Assemblée Générale OMECA du 31/10/96 par le Premier Vice-President Hugh ARDOIN
 
 

J'ai eu l'honneur et le plaisir d'assister notre Président, Monsieur Jany Gabriel PARISE, pour la présentation et le soutien de la candidature d'OMECA au statut consultatif ECOSOC lors de la seconde session du Comité sur les Organisations Non Gouvernementales du Conseil Economique et Social des Nations Unies qui s'est tenue du 26 au 30 Août 1996 à New York.

Le Conseil Economique et Social des Nations Unies (ECOSOC) est l'organe le plus puissant des Nations Unies après le Conseil de Sécurité : il comprend 54 membres, élus pour trois ans, parmi les représentants des pays membres de 1'ONU.

Son rôle, suivant l'article 62, chapitre X, de la charte des Nations Unies est de réaliser ou de susciter des études et rapports sur les questions internationales à caractère économique, social, culturel, sanitaire et sur leurs aspects connexes pour faire toutes recommandations utiles à l'Assemblée Générale, aux pays membres des Nations Unies et aux agences spécialisées concernées.

Parmi ses nombreuses fonctions, ECOSOC est la seule institution de l'ONU qui ait le pouvoir de consulter officiellement les ONG dotées du statut consultatif, statut qu'il a le pouvoir d'accorder aux ONG dont les compétences sont reconnues et dont le point de vue est apprécié en raison de leur expérience ou connaissances spécifiques.

Ce qui différencie le statut ECOSOC du statut DPI (Département d'1nformation Publique) est que le DPI est un organisme de diffusion de l'information entre les ONG et l'ONU ou ses organismes, sans possibilité de dialogue, donc un instrument de dissémination, en quelque sorte une interface.

Par contre ECOSOC est un organe de coordination qui permet une réelle interaction entre les ONG et les divers organes de l'ONU, notamment en permettant non seulement de participer aux travaux des neuf commissions ECOSOC, mais encore d'assister aux sessions publiques d'ECOSOC et de lui soumettre des questions écrites, de même qu'elles peuvent consulter le Secrétariat Général de l'ONU. Ce statut représente l'aboutissement dans l'évolution d'une ONG, lui permettant à la fois de faire reconnaître ses compétences et de consacrer son influence au niveau mondial.

Le statut consultatif est décerné aux ONG par ECOSOC suivant la recommandation du Comité sur les ONG, organe de sélection des candidatures qui siège deux fois l'an. Le comité comprend 19 membres qui décident de l'approbation des candidatures par voie de consensus, le rapport du Comité est ensuite soumis à la ratification d'ECOSOC en assemblée plénière. Il est important de souligner que la session de 1996 présentait des particularités tout à fait nouvelles en raison de l'évolution récente des Nations Unies.

En effet les Nations Unies sont soumises à une crise de conscience qui découle de l'évolution de la politique mondiale, et de son propre phénomène de croissance pour les raisons suivantes :

  • Le Secrétaire Général, son Excellence Mr Boutros Boutros Ghali, a entrepris une réforme profonde des structures de l'Organisation des Nations Unies qui se heurte à une résistance tant interne qu'externe.
  • Le monde a connu des transformations fondamentales qui ont entraîné une modification des rapports de force entre les grandes puissances. En effet, l'effondrement du bloc communiste a provoqué un changement de la donne politique à l'échelle globale. Les conflits locaux qui étaient en quelque sorte régis par l'équilibre instable des puissances en présence, et qui échappaient à la compétence des Nations Unies par le jeu des vétos du Conseil de Sécurité, sont aujourd'hui livrés à l'intervention quasi-directe des Nations Unies.

    -L'opposition des super-puissances servait en quelque sorte de frein à leur extension, maintenant les conflits locaux deviennent des conflits internes échappant à l'emprise juridique de la Charte des Nations Unies. Les interventions directes des Nations Unies se font plus fréquentes, et dépendent trop souvent de la volonté politique et de la puissance militaire des Etats Unis qui exigent en échange un rôle plus prépondérant au sein des Nations Unies tout en exerçant une pression financière sur l'Organisation en refusant d'acquitter leurs contributions.

  • L'élection du nouveau Secrétaire Général des Nations Unies a été le théâtre de manœuvres politiques qui se sont télescopées avec les contraintes de la campagne pour l'élection du Président des Etats Unis. Le résultat devrait se traduire par une nette accélération de la réforme de l'institution des Nations Unies, qui sera facilitée par le paiement même partiel de la dette des Etats Unis. Cette situation devrait continuer de favoriser l'essor de l'influence des ONG comme instrument de dissémination de la politique des Nations Unies.
  • Dans cette nouvelle ère de transformation qui ne vont pas sans traumatismes, le Secrétaire Général a parfaitement résumé le recentrage de l'action des Nations Unies dans son discours d'ouverture de la dernière Conférence Annuelle du DPI/NGO. Il a souligné l'évolution vers la régionalisation des conflits que ce soit par le biais de la montée des nationalismes ou pour la simple raison du vide créé par la disparition de l'équilibre dû à l'opposition des deux super-puissances. Il a souligné l'importance des ONG qui permettent d'influer sur les gouvernements des pays dont ils sont souvent issus ou d'éveiller la conscience par leur rayonnement international et leur impact sur les média et l'opinion publique. Cette situation a eu deux conséquences qui influent directement sur OMECA :
  • Une profonde réforme d'ECOSOC est envisagée afin de lui permettre de siéger en permanence, en contrepartie il lui sera demandé une approche plus concrète et plus active sur les problèmes relevant de sa compétence.
  • La contribution des ONG à statut consultatif est plus que jamais reconnue, mais les critères de sélection sont renforcés et il est exigé qu'elles remplissent des conditions plus astreignantes que par le passé.

    C'est dans ce climat presque révolutionnaire que la candidature d'OMECA a été examinée par le Comité.

    L'assistance du premier secrétaire de la délégation permanente de la France nous a été très précieuse (la France n'est pas membre du Comité mais intervient comme observateur), de même que celle du représentant de la Russie et du Président du Comité (Chili) et, nous tenons à les remercier tout particulièrement pour leurs conseils et leur soutien ainsi que les autres délégations qui nous ont toutes écoutés et encouragés, rendant ainsi possible le consensus, le 30 Août au soir.

    Nous avons donc, en tant qu'OMECA, obtenu un avis favorable du Comité sur notre candidature au statut consultatif ECOSOC, et cet avis a été ratifié par la réunion plénière du Conseil qui s'est tenue en Novembre 1996.

    Ce statut nous permet donc de développer l'action et le rayonnement d'OMECA au sein des Nations Unies et de participer aux neuf commissions qui nous seront désormais ouvertes. Il est essentiel que nous participions activement aux travaux de ces commissions, au départ pour établir un choix sur les orientations qu'OMECA et ses membres veulent adopter, et ensuite, pour transmettre le résultat de notre analyse sur les travaux de ces commissions aux délégations des Etats membres qui nous ont soutenus et qui nous en ont expressément fuit la demande. Les commissions sont les suivantes :

  • Commission de la statistique
  • Commission de la population et du développement
  • Commission du développement social
  • Commission des droits de l'Homme
  • Commission de la condition de la Femme
  • Commission des stupéfiants
  • Commission pour la prévention du crime et la justice pénale
  • Commission de la science et de la technique au service du développement
  • Commission du développement durable

    Ceci veut dire qu'OMECA compte sur ses membres pour qu'ils fassent preuve, comme par le passé, de leurs capacités et de leurs hautes compétences pour honorer les engagements moraux qui ont été contractés en obtenant ce statut tant convoité.

    Il est utile de rappeler que nous avons pris l'engagement vis à vis du Comité et des membres d'ECOSOC de réaliser des études sur les thèmes suivants au cours de l'année 1997 :

  • INTERNET : une liberté fondamentale qui nécessite une protection à l'échelle globale sous la forme d'une réglementation au niveau des Nations Unies.
  • LE TRAVAIL DES ENFANTS : sur le thème de la valeur de l'exemple, c'est à dire, doit-on assimiler l'exhibition de mineurs dans le cirque médiatique des Jeux Olympiques au détriment de leur liberté, de leur santé, de leur éducation et de leur avenir alors que l'on exige de pays en voie de développement un strict respect des interdictions internationales sur le travail des enfants. D'autres sujets nous ont été proposés depuis, tels que la globalisation de la Cour Européenne des droits de l'Homme, et la gestion des déchets suite à la remarquable étude de Monsieur Philippe PICHAT, docteur ès-sciences.

    Il y a lieu d'insister sur l'importance de la participation active des membres de notre Organisation, en effet, celle-ci ne peut leur apporter qu'en fonction des efforts qu'ils lui consacrent individuellement et collectivement, notre succès à tous dépend de l'engagement de chacun, celui qui a été contracté par l'adhésion à nos statuts.

    Nous avons affilié OMECA à la Conférence des Organisations Non Gouvernementales (CONGO) qui est une ONG qui réunit et coordonne l'action des ONG ayant le statut consultatif ECOSOC. A ce titre, et à la demande de notre Président, J'ai assisté à la conférence CONGO qui s'est tenue à New York le 16 Septembre 1996, à laquelle participaient la plupart des memhres du Comité sur les ONG d'ECOSOC. Nous pourrons apporter un concours actif et apprécié dans cette organisation et nous pourrons compter sur une assistance logistique de leur part tant à Genève qu'à New York.

    Nous avons également développé des contacts auprès de Fondations aux Etats Unis et au Moyen-Orient pour obtenir un soutien financier à la réalisation de nos études, nous avons toutes les raisons de penser que celles-ci confirmeront leur intention de participer financièrement à nos efforts désintéressés dès que nous aurons pu présenter un plan concret pour nos travaux.

    Est-il nécessaire de vous rappeler que notre action est avant tout philanthropique et qu'en adhérant à OMECA nous avons fait de son objet le notre, nous avons consenti à lui consacrer un peu de notre précieux temps en échange de la joie de donner, et de celle non moindre de recevoir et d'apprendre la vision mondiale des évènements internationaux qui déterminent notre condition, d'élargir nos horizons et nos connaissances, nos relations personnelles et nos compétences.

    Alors, peut-être que demain nous ne verrons plus les nouvelles du monde avec le même regard et avec la même indifférence, nous aurons le sentiment d'avoir apporté une pierre à l'édifice, notre pierre à tous.

    Votre bureau est à la disposition des anciens et futurs membres d'OMECA, pour coordonner leurs actions et les conseiller utilement, établir les contacts avec les représentants d'ECOSOC, les aider dans leurs recherches.

    Nous comptons sur eux pour l'année 1997, car nous venons de franchir un pas important dans le devenir de notre Organisation, et avec les efforts de tous, nous pourrons enfin donner une forme concrète à notre action.

    Hugh ARDOIN

    PREMIER VICE PRÉSIDENT D'OMECA

     
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